Sonderausstellung

Exposition temporaire : Cher Tango !

24.09.2017 – 22.10.2017

Astor Piazzolla et le bandonéon

Concertina, bandonéon et leurs héritages—une exposition temporaire du Musée allemand de l’harmonica organisée à l’occasion du 25e anniversaire de la disparition d’Astor Piazzolla.

Le légendaire virtuose argentin du bandonéon et compositeur Astor Piazzolla (1903–1992) était mort 25 ans avant l’exposition. Sa réputation de rénovateur du tango fait presque partie de la culture générale, y compris en Allemagne.

Il porta à un nouveau niveau artistique le tango, déjà populaire en Amérique et en Europe au début du XXe siècle. Il imposa en même temps le bandonéon dans l’imaginaire collectif comme l’instrument emblématique de cette tradition musicale.

Un instrument allemand en Argentine

Ce que connaissent presque uniquement les passionnés de musique—et plus particulièrement les amateurs de tango en Argentine—c’est que le bandonéon est un produit typiquement allemand. Il fut développé par Heinrich Band, marchand d’instruments de musique à Krefeld, et porte son nom. Fabriqué sous le nom de « Bandonion » à des centaines de milliers d’exemplaires par de nombreuses usines, principalement saxonnes, il commença à être exporté vers l’Amérique du Sud à la fin du XIXe siècle. En Argentine, le « bandoneón » devint une sorte d’instrument national.

Le Musée allemand de l’harmonica profita du 25e anniversaire de la mort d’Astor Piazzolla pour examiner de plus près le phénomène du tango, en accordant une attention particulière au bandonéon et à son parent, le concertina allemand.

Concertina, tango et redécouverte

L’exposition proposait un panorama informatif et attrayant, depuis les débuts à Chemnitz vers 1834 jusqu’à la renaissance de la fabrication du bandonéon dans les années 1990, en passant par Carlsfeld dans les monts Métallifères—capitale de cette production et lieu de naissance des célèbres bandonéons Arnold—et les décennies de crise après 1945. Une histoire singulière faite de destins remarquables, comme celui de Walter Pörschmann (1903–1959), autrefois vedette absolue du bandonéon en Allemagne, ou de Carlos Gardel, roi incontesté de la chanson tango en Argentine.

Indépendamment de la « vague du tango » qui commençait alors, le concertina et le bandonéon connurent en Allemagne un essor considérable au début du XXe siècle. Les centres industriels de Saxe et de Rhénanie comptaient plusieurs centaines d’orchestres de concertinas et de « Bandonions ».

Les visiteurs de « Cher Tango ! » découvrirent pourquoi cet âge d’or prit fin dans les années 1930 et pourquoi la vie associative disparut presque entièrement après 1960, tandis que le bandonéon connaissait avec le tango une renaissance durable.

La nouvelle implantation du Musée allemand de l’harmonica à Trossingen présentait également de magnifiques bandonéons et concertinas. Une grande partie provenait de prêts de la collection Steinhart, conservée au Musée du tango et du bandonéon de Staufen im Breisgau, ou de dons de la collection René Wehrle. Un riche programme culturel accompagnait l’exposition.

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